Est-ce si difficile de dire non ?

Les résultats du bac sont tombés récemment. Votre grande fille aînée est très fière de sa mention "très bien" et veut la fêter comme il se doit. Elle a la merveilleuse idée de s'associer avec deux autres camarades avec qui elle a révisé ces dernières semaines. Et naturellement, ce sera chez vous que la fête aura lieu. Les camarades de votre fille habitent en immeuble.

Il se trouve que la date que vous propose votre fille ne vous arrange pas beaucoup pour deux raisons : vous avez des journées difficiles en ce moment au travail du fait du départ en vacances de votre binôme et du refus de votre patron de prendre un intérimaire comme les années précédentes pour cause de réduction de coût. Et donc vous profitez des week-ends pour vous refaire une santé. Et en plus c'est cette même date qu'a choisi une amie d'enfance, que vous n'avez pas revu depuis longtemps pour venir vous rendre visite sur la route de ses vacances en Allemagne.

Les situations dans lesquelles nous devons dire non ont un point en commun : l'anxiété qu'elles génèrent en nous. Cette anxiété s'accroît dans la mesure où nous savons que nous ne pouvons pas dire non. Elle se manifeste essentiellement sur trois niveaux qui interagissent :

  • Au niveau du corps : malaise, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, etc.... ;
  • Au niveau des comportements : conduit agressive ou évitement, irritabilité ;
  • Au niveau cognitif : difficultés à réfléchir, à rassembler ses idées.

Entre la demande qui vous stresse et votre réponse, il y a une période où vous faites une évaluation rapide de la situation. A l'anxiété évoquée ci-dessus, viennent s'ajouter les pensées automatiques qui vous dépeignent les catastrophes qui vous tomberont dessus en cas de "non" : votre collègue va vous faire la tête, votre mère va se mettre en colère et va refuser de vous garder le petit dernier etc...

Que faire ? Vous vous connaissez et vous savez que généralement vous avez du mal à dire "non". Observez-vous pendant quelques jours quand vous avez à répondre à une demande. Prenez des notes : décrivez chaque situation (date, personne, contexte) et notez les pensées automatiques  que cette demande fait naître en vous. Cette observation de votre fonctionnement vous fournira des éléments pour le travail de fond que vous devez faire sur vos pensées automatiques, vos croyances et vos "drivers", ces convictions profondes et ces injonctions qui vous font souvent agir à l'encontre de vos intérêts et votre bien-être.

L'affirmation de soi, cette capacité que vous avez à dire "non" aux demandes que vous n'avez pas envie de satisfaire est parfois mise à rude épreuve. Vous pouvez la renforcer à l'aide des conseils ci-dessous :

  • Utilisez le "je" à la place du "tu" ou du "vous" considérés comme accusateurs ;
  • Exprimez vos émotions (irritation, mécontentement, déception) sans animosité ;
  • Dites avec fermeté : "je te (vous" comprends mais..." ;
  • La technique du disque rayé : maintenez votre argumentation en la répétant en réponse à chaque nouvelle argumentation de la personne demandeuse ;
  • Vous pouvez aussi trouver un "compromis" mais attention à ce qu'il soit équilibré ...

Exercez-vous en vous mettant en scène dans des situations où vous avez du mal à dire "non" et qui font de vous "la bonne poire" du service au travail ou au sein de votre famille. Procurez-vous des ouvrages spécialisés (je vous en cite deux au bas de cet article mais un seul suffira) et surtout pratiquez les méthodes qui y sont décrites. Si cette incapacité à dire non devient vraiment handicapante, vous pouvez choisir de vous faire accompagner par un coach de vie.

Au fait, que répondez-vous à votre fille pour sa soirée du bac ?

 

Thionville , 15/07/2019

Eugène Mpundu, Coach de Vie certifié

https://www.moncoacheugene.fr

info@moncoacheugene.fr

+33 07 89 84 21 12

 

Bibliographie :

- Savoir dire non, Marie Haddou, Editions "J'ai lu"

- S'affirmer et oser dire non, Christelle Petitcolin, editions Jouvence

 

Crédit photo : Nadine Shaabana , Unsplash

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